Schimanski dévoile toutes ses facettes dans Zabou

Zabou est le second Tatort consacré à l’inspecteur Schimanski à bénéficier d’une sortie en salle. À cette occasion, nous découvrons que ce héros insolant, musclé et portant un T-shirt trop serré, est aussi un macho au grand cœur. Incarné par Götz George, Schmanski est déjà, en 1987, une icône ayant donné ses marques de noblesse à l’une des séries les plus populaire Outre Rhin…

Schimanski est un phénomène, pour s’en convaincre, voici un petit résumé de ce qui attend le personnage tout au long du film…

Zabou a été réalisé par Hajo Gies, l’un des fondateurs de la série Tatort et déjà responable de Zahn um Zahn, première incursion cinématographique de Schimanski.

Schimanski retrouve la fille d’une de ses anciennes conquêtes au Sunflash, une discothèque à la mauvaise réputation. Désormais fort séduisante, elle est escort-girl et cache au tombeur de sa mère qu’elle le déteste puisqu’il les a abandonné toutes les deux alors qu’elle n’était qu’une enfant. Ainsi, elle participe à piéger Schimanski qui, après avoir été saoulé de force, est déposé derrière le volant d’une voiture roulant à pleine vitesse dans les rues nocturnes de Duisburg. Notre héros survit à l’accident mais il est désormais accusé de meurtre. Pour s’échapper, il fait des avances à un coéquipier homosexuel chargé de monter la garde devant sa chambre d’hôpital. En fuite, il mène sa propre enquête pour démontrer que le Sunflash est un repaire de trafiquant de drogues. Accessoirement, Schimanski souhaite aussi extirper Conny de ce milieu, ce qu’il parviendra à faire en séduisant la jeune femme, lui démontrant ainsi qu’il est bel et bien capable d’aimer d’amour… Entre temps, Schimanski aura défoncé quelques portes, participé à une course de bateaux à moteur sur la Ruhr, détruit des dizaines de poissons à la recherche de drogues dissimulées entre leurs arrêtes, vendu 30 pfennig son badge de policier à une petite fille de dix ans afin de passer un coup de fil dans une cabine… et bien sûr distribué quelques mandales pour rendre la justice, la vraie… Chaque scène est une histoire à elle seule et un petit bijou de mise en scène.

La carrière de Claudia Messner commence au théâtre avant de connaître la réussite au cinéma, notamment en 1985 avec Welcome in Vienna, un film se déroulant dans la Vienne de l’après-guerre et avec lequel elle acquiert une renommée internationale.

À ses côtés, les seconds rôles ont de la poigne. Thanner, son acolyte, est interprété par Eberhard Feik qui reste fidèle à un Schimanski que tout accuse. Malgré son physique proche de M. Tout le monde, il ne fait jamais pâle figure face à son partenaire emblématique et devient même son adversaire plus tard dans le métrage. Parmi les méchant, on retrouve Hannes Jaenicke qui affrontait déjà Götz George dans l’ascenseur de Out of Order. On l’aperçoit également dans la série américaine Highlander : The Raven, où il incarne le rôle de Bert Myers. Il ne figure que dans une seule scène, mais sa prestation est intense et les deux hommes que tout oppose (l’un est une brute, l’autre est une élégante vipère) doivent s’affronter. Quant à Claudia Messner, elle fait parfaitement illusion dans son rôle d’une grande richesse. Entraîneuse de son métier, elle nourrit une haine tenace vis-à-vis de Schimanski, grand amour de sa mère, qui les a pourtant abandonnées. Elle cède à son charme dans une scène étonnante quand on connaît l’historique des personnages et le nombre d’années qui les séparent. Conny connaîtra une fin tragique, mais ne brisera pas le cœur de Schimanski.

La chanson Now that you’re gone a été spécialement composée pour le film par Joe Cocker.

De nos jours, Schimanski serait détesté, paraissant tour à tour misogyne, autoritaire, arrogant, immoral, violent et homophobe. Les personnages qui tournent autour de Schimanski nourrissent cependant chacune de ses personnalités et adoucissent ses traits de caractères, suffisamment pour que le spectateur puisse juger ce héros d’une façon autre que binaire. Le personnage de Schimanski ne se résume décidément pas à ce brouhaha et il est injuste de juger quelqu’un en se contentant des apparences.

Quoi qu’il en soit, ce concentré de fusillades sanglantes et d’explosions de camions mettant en scène un héros sauvage, indomptable, indiscipliné, quintessence de la culture macho, s’était hissé, à son époque, à la troisième place du box-office.



Zabou Allemagne – 1987 – Réalisation : Hajo Gies – Interprètes : Götz George, Claudia Messner, Eberhard Feik, Wolfram Berger, Hannes Jaenicke, Annette Kreft…

Laisser un commentaire

*

code