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Sosie de Nicolas Hulot, Sam Riley se fait d’abord remarquer dans Control (2007) où il donne formidablement corps à Ian Curtis, l’énigmatique chanteur du groupe Joy Division. Dans le film de Jan-Ole Gerster, l’acteur forge un personnage difficile à cerner, permettant à Islands de conserver, jusqu’à son final, le mystère sur ses véritables intentions…
Tom, la trentaine, aurait pu devenir joueur de tennis professionnel. Mais, probablement par manque d’investissement personnel, sa carrière n’a jamais décolé. Comme beaucoup de sportifs moyens, Tom gagne désormais sa vie en donnant des cours. Seulement, il enseigne dans un complexe touristique, sur une île paradisiaque, Fuerteventura, faisant partie de l’archipel des Canaries et située à une vingtaine de kilomètres du Maroc. Autrement dit, Tom tape dans des balles tous les jours de l’année sous le soleil, quand il ne profite pas de la plage de sable fin et de l’océan Atlantique qui s’étend à perte d’horizon.
Tom semble donc vivre un rêve éveillé, sauf qu’un job sympa et bien rémunéré ne rend pas heureux…
En réalité, Tom traîne sa grisaille intérieure comme un boulet derrière lui. Sa morosité tranche singulièrement avec les magnifiques paysages de l’île idyllique et, logiquement, les filles ne s’attachent pas à ce garçon qui sonne creux… Une enveloppe sans âme. La vie de famille incarnée par les touristes Anne, Dave et leur fils n’est pas rose non plus. En particulier parce que Dave est un père et un mari irresponsable. Une superficialité qui renvoie Tom à sa propre nonchalance, au point de faire vaciller son quotidien…
Lorsque Dave disparaît de manière inexplicable, l’étude de caractère délivrée par Islands se transforme alors en thriller. Une tension discrète se met ainsi en place et le spectateur ne sait plus trop sur quel pied danser. D’autant plus que les pistes se referment aussi vite qu’elles se sont ouvertes tandis que le suspens s’établit dans un quotidien banal. L’ensemble rappelle d’autant plus l’atmosphère d’un film d’Alfred Hitchcock que la musique énigmatique n’est pas sans rappeler les bandes originales de Bernard Herrmann.
Comme le révèle une fin ouverte et cohérente, Islands reste toutefois une comédie dramatique, même si Jan-Ole Gerster s’amuse à maintenir le spectateur dans le doute. Avec plaisir, on laisse le réalisateur nous manipuler en faisant constamment osciller Islands entre film de sport, thriller, drame familial, érotisme et même film d’aventure avec ses paysages paradisiaques. Surtout que ces variations ne sont jamais gratuites. Bien au contraire, elles tendent à symboliser la richesse que peut revêtir une existence, tout le contraire de la vie stéréotypée que mène Tom.
Tom, un homme qui se laisse porter par le courant de la vie plutôt que de prendre des responsabilités. Pas d’enfant, pas de relation sérieuse, aucune obligation. En faisant le choix du thriller, presque du film noir, pour raconter ce qu’il se passe lorsque la vie paradisiaque connaît un dysfonctionnement, le film s’avère particulièrement ludique, si tant est que l’on soit concerné par la crise de la quarantaine.
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