Das letzte Abteil, un film bien plus ambitieux qu’on pourrait le croire

Das Letzte Abteil n’est pas un produit fabriqué sur mesure pour le grand public. Protéiformes car changeant constamment de genres cinématographiques tout au long de ses 90 minutes, le film d’ Andreas Schaap s’attache de surcroît à un sujet difficile lui tenant particulièrement à cœur puisque comme beaucoup, il fut confronter au dilemme…

Les espoirs de voir la mère de Greta se réveillé de son coma sont de plus en plus faibles, et Greta se demande si cela a encore un sens de la maintenir artificiellement en vie. Malgré tout, Greta rend régulièrement visite à sa mère alitée dans l’hôpital de Graz en Autriche. En chemin, Greta est victime d’un grave accident lorsque son train est victime d’une avalanche. Dans le froid, en pleine montagne, Greta et ses cinq compagnons d’infortune attendent les secours, mais c’est alors que les choses deviennent de plus en plus confuses. Une tête décapitée est découverte dans le wagon, puis, on comprend que les secours ne viendront finalement pas. Quels espoirs restent-ils aux naufragés ?

Très vite, le spectateur se doute qu’il va avoir droit à un retournement de situation. C’est donc avec un peu de crainte qu’on attend l’intrigue dévoiler ses véritables desseins ; heureusement, le film ne nous réserve pas un final dans la lignée du Sixième Sens de M. Night Shyamalan.

Andreas Schaap est né en 1980 à Oldenburg en Allemagne. Das Letzte Abteil est son second film après la comédie horrifique Must Love Death (2009).

Das Letzte Abteil tourne en effet radicalement le dos à ce concept quelque peu convenu aujourd’hui et, très vite, il on comprend quels sont les véritables enjeux.

La question du maintien artificiel de la vie s’avère finalement le grand sujet du film et Andreas Schaap ne le lâche pas tant qu’il ne trouve pas une réponse satisfaisante à livrer.

Sur la forme, Das Letzte Abteil s’avère particulièrement attrayant. Tour autant thriller fantastique que film catastrophe, ce drame qui louche également du côté du film d’auteur n’est jamais prétentieux ou ennuyeux. L’histoire qui se déroule dans deux endroits clos, la chambre d’hôpital et le wagon accidenté, est constamment intrigante et titille constamment la curiosité. L’atmosphère élaborée par l’absence de couleurs et de forts contrastes plongeant dans la pénombre de nombreux éléments du décor, permet de créer une impression continuellement inquiétante proche du film d’horreur. L’interprétation est de qualité et Anna Fischer livre une prestation remarquable dans son double rôle ; l’actrice porte clairement le film sur ses épaules. Quant aux rebondissements et flash-back, nombreux, ils sont peut-être des gimmicks un peu faciles car modernes mais ils aident à faire passer un sujet difficile rarement exploité au cinéma.

Connue en France pour son rôle dans le film de vampires Nous sommes la nuit (2010), Anna Fischer est dans le cinéma depuis le début des années 2000. Dans Liebeskind (2005) elle incarnait une adolescente rebelle dans une relation père fille prenant une tournure incestueuse…

À ce titre, Das letzte Abteil et sa métaphore sur l’accompagnement de nos proches en fin de vie s’avère bien moins grossier que Quelques minutes après minuit sorti la même année. Là où film de J.A. Bayona donne carte blanche pour laisser partir ses proches sans regret, Das letzte Abteil propose, en effet, une approche beaucoup plus sensible.

Das letzte Abteil Allemagne – 2016 Réalisation : Andreas Schaap Interprètes : Anna Fischer, Nic Romm, Tim Sander, Ernst-Georg Schwill, Barbara Prakopenka…

Bande annonce en allemand :