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Par un matin brumeux, deux pêcheurs font une sinistre découverte au milieu d’un champ dans la région de l’Oderbruch. Dans un trou bétonné, s’entassent des cadavres empilés les uns sur les autres. L’amoncellement est autant composé d’humains que d’animaux. Plus surprenant encore, la mort des victimes s’étend sur deux décennies, au moins…
L’Oderbruch est un paysage marécageux situé à l’est du Land allemand du Brandebourg, juste à côté de la frontière polonaise. Ce n’est peut-être pas une région qui fait rêver. D’ailleurs, dès son entame, le feuilleton composé de huit épisodes d’une heure, nous saisit par ses paysages plats, brumeux, humides et désolés, quand les maisons du village n’évoquent pas un quotidien banal.
C’est en tout cas les lieux qu’envahissent rapidement les autorités. Policiers et scientifiques installent alors les tentes et les préfabriqués qui vont leur permettre, dans un premier temps, d’autopsier toutes ces dépouilles ressurgies du passé.
La priorité est donnée au réalisme, appuyé par une mise en scène sombre et morose, à l’image du visage des protagonistes, tout aussi rugueux que la côte balayée par le vent. Parmi eux, on trouve Karoline Schuch qui a fait ses armes dans le drame historique Le Vent de la Liberté (2018) et la série Dark Woods (2020). Ainsi que Felix Kramer, que l’on a vu, pour sa part dans Dogs of Berlin (2018). Deux acteurs peu connus, mais qui marquent la série par leurs personnages du cru, obligés bien malgré eux de revenir dans cette province qu’ils avaient quittée sans regret. Les deux anciens camarades vont ainsi devoir se confronter à leur passé, dans une région encore fortement ancrée dans sa période est-allemande.
Un passé qui, pour rester fidèle au vœu de réalisme de l’ensemble, évoque les inondations meurtrières de l’Oder qui ont eu lieu en 1947 et 1997. C’est l’occasion, en toile de fond, d’évoquer les problèmes écologiques, mais aussi l’identité régionale. Une partie de l’histoire se déroule d’ailleurs en Pologne et en particulier dans un internat catholique où les jeunes filles disparaissent mystérieusement. La production ne fait d’ailleurs guère de concessions. Certains aspects s’avèrent même franchement sordides, sans pour autant jamais verser dans le grand-guignol.
L’intrigue ménage quant à elle un excellent suspens. À titre de comparaison, Oderbruch est bien plus proche du captivant Seven (1995) que du fadasse Le Mangeur d’âmes (2024). Ainsi, le mystère derrière l’amoncellement de cadavres entassés depuis plusieurs décennies est savamment entretenu et la résolution de l’énigme suffisamment surprenante pour inciter à découvrir la série en partant, le plus possible, dans l’inconnu.
Le talent et l’expérience de Christian Alvert, qui signe la moitié des épisodes, ne sont probablement pas pour rien dans les qualités de Oderbruch. Ses plus belles réussites s’inscrivent d’ailleurs justement dans le thriller, notamment son fameux Antibodies datant de 2005. Fort de ce succès, le réalisateur allemand avait alors pu s’imposer à l’international en signant, quatre années plus tard, le sympathique Pandorum avec Dennis Quaid.
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Germanophones, Oderbruch est disponible ici en streaming gratuit :




