Bearkittens – une opération de promotion qui fait mouche

Bearkttens est un projet monté par les étudiantes d’une école d’art dramatique de Hambourg, pour promouvoir leurs talents. Ainsi, le scénario comprend une scène forte pour chaque actrice, afin que chacune puisse faire ses preuves.

Heureusement, Bearkittens n’est pas, pour autant, qu’une vidéo de démonstration pour agences.

Sept adolescentes sont conviées à faire des travaux d’intérêt général dans une forêt qu’elles doivent débarrasser de ses immondices. Durant l’application de leur peine qui s’apparent plus à du camping qu’à une véritable corvée, chacune dévoile les raisons de sa condamnation. Que la forêt soit hantée, ou qu’un type étrange fasse son apparition ne sont qu’anecdotiques. En réalité, la situation s’aggrave sérieusement lorsque les jeunes filles décident de droguer leur animatrice, qu’elles jugent mortellement ennuyeuse.

Si Bearkittens ne se contente pas de faire du placement de produits en valorisant ses jeunes actrices, c’est d’abord parce que, pour se démarques, nos jeunes cinéastes en herbe livre un film carrément méchant. Cette méchanceté permet au film de naviguer sur les voies du politiquement incorrect et donc de s’ouvrir à un public plus large en quête d’œuvres revigorantes dans une époque morose.

Le concept est par ailleurs intéressant et jamais ennuyeux. Ensemble, chaque histoire forme un ensemble de petites scènes agréablement racontées et les jeunes filles sont sympathiques et jolies. Certes, les dialogues sont parfois un peu simplistes mais ils n’empêchent pas les intrigues de fonctionner.

Quant au budget du film, maigre, il est parfaitement adapté au concept et n’est donc jamais embarrassant.

De même, si les actrices sont toutes débutantes, le réalisateur, quant à lui, n’en est pas à ses débuts puisque Bearkittens est son sixième long-métrage. Précédemment, on lui doit, par exemple, Leon muss sterben (2017). Tourné de manière sauvage dans les rues de Hambourg en 15 jours, sans budget et sans aucune autorisation, le film raconte l’histoire de Léon, condamné malgré ses vingt ans. Heureusement, grâce à une découverte de son invention, il informatise son esprit et peut désormais vivre éternellement, mais cette technologie provoque aussi la chute de l’humanité… Aqua est donc envoyée du futur pour supprimer Leon mais, dans cette folle comédie punk, l’amour va entraver son projet.

En ce qui concerne Bearkittens on constate que le métrage réussit sur tous les plans. D’abord, grâce à l’interprétation, aux situations cocasses et au rythme relevé, on regarde avec intérêt ce petit ovni cinématographique. Ensuite, on s’attache suffisamment aux personnages pour se réjouir de les retrouver tout au long du métrage. Et même si l’histoire balbutie un peu au début, la chute finale de cette comédie horrifique pour adolescent vaut bien le coup d’œil.

Bearkittens Allemagne – 2018 Réalisation : Lars Henriks Interprètes : Stefanie Borbe, Hannah Bortz, Lisa Eschenbrenner

Bande annonce en allemand :