Günther Brandl donne de sa personne dans Unholy Ground.

Günther Brandl est un véritable passionné comme en atteste les 60 films auxquels il a contribué, que ce soit derrière ou devant la caméra, Cette passion, il a su la transmettre à son frère Helmut et sa sœur Monika qui gèrent avec lui sa boîte de production, Brandl Pictures. Parfois, ils oeuvrent même devant la caméra, comme c’est le cas pour Unholy Ground…

Au 18ème siècle, des soldats font irruption dans un paisible village suédois afin de se reposer et de soigner leurs blessures. Bien qu’accueillants, les villageois paraissent étranges aux yeux des nouveaux venus, en particulier à cause de leur forte piétée, d’autant plus que c’est un tout autre Dieu qui semble bénéficier de leur vénération…

Il existe deux versions de Unholy Ground. Une director’s cut et une autre, nommée xtended contenant des plans bien plus explicites, faisant basculer le film dans la catégorie pornographie.

Avec Unholy Ground, Günther Brandl livre un film d’horreur que l’on peut aisément classer parmi les œuvres amateurs qui ont fait la gloire de ses compatriotes Andreas Schnaas et Olaf Ittenbach.

Unholy Ground dispose cependant d’un élément important qui le différencie des autres œuvres amateurs, c’est la présence de scènes de copulation, en particulier dans la version xtended qui, au contraire de la director’s cut, propose même quelques séquences pornographiques. Des scènes classées X dans lesquelles Günther Brandl n’hésite à donner de sa personne.

Malgré tout, le scénario de Unholy Ground n’a rien à voir avec un banal film pour adulte, en particulier parce que le sujet intéressant réserve de surcroit plusieurs surprises et rebondissements, attestant du soin apporté au scénario.

En revanche, le manque de rythme est plutôt problématique. La durée du film est probablement trop longue et même si l’histoire est attrayante, la narration est plombée par une interprétation assurée de manière dilettante. On peut aussi regretter des effets spéciaux bricolés peu spectaculaires qui souffrent de la comparaison avec les films des ténors du film gore Outre-Rhin cités précédemment. Ces carences ne déshonorent pas le film, d’autant plus qu’on imagine le budget disponible résolument étriqué, mais Unholy Ground ne parvient pas à suffisamment divertir le spectateur entre les scènes chocs.

Unholy Ground dispose en effet de quelques scènes percutantes. Citons par exemple l’orgie qui se déroule en milieu de métrage et à laquelle prennent part les villageois copulant sous la lune, à la belle étoile, les corps éclairés par des torches enflammées. Une autre scène se déroule quant à elle au cœur de l’Enfer… Châtiments corporels, tortures, supplices pervers plus ou moins subtiles s’étalent sous nos yeux rappelant les scènes les plus extrêmes des films du brésilien fou José Mojica Marins qui oeuvrait, pour sa part, dans les années 60 et 70.

En ce qui le concerne, Unholy Ground séduit néanmoins grâce à son scénario ambitieux joliment mis en valeur par des costumes d’époque et des décors permettant de reconstituer un village de paysans. Les scènes érotiques et pornographiques, inattendues dans un film amateur, sont un peu la cerise sur le gâteau, et permettent de rendre, en passant, un petit hommage au cinéma d’exploitation européen des années 70.

Unholy Ground Allemagne – 2016 Réalisation : Günther Brandl Interprètes : Jürgen Lill, Nadja Holz, Monika Brandl, Thomas Pill, Stefan Mühlbauer, Mila Moore

Bande annonce en allemand :