|
Soutenez ThrillerAllee : achetez Sueurs Froides 37 avec les dossiers Ulli Lommel et Marian Dora
|
|
|
Les vampires bénéficient visiblement d’un regain d’intérêt outre-Rhin. En vérité, cela n’a rien d’étonnant dans un pays qui, en 1922, a enfanté Nosferatu le vampire. Récemment, le feuilleton Oderbruch (2024) proposait d’ailleurs une innovante remise au goût du jour du mythe. En employant une atmosphère sombre assez proche de celle du classique de F.W. Murnau, le show télévisé démontrait des ambitions évidentes. Avec Love Sucks, en revanche, on se trouve dans une tout autre catégorie.
Dans une fête foraine, lors d’un spectacle, Ben (Damian Hardung) se mesure à la boxeuse Zelda (La Havane Joy Joséphine Braun). La jeune femme le met facilement au tapis, ce qui n’empêche pas les deux tourtereaux de tomber éperdument amoureux l’un de l’autre. La romance pourrait s’arrêter là si Ben n’était pas issu d’une lignée de vampires et, Zelda, la descendante d’une famille se prenant pour les descendants d’Abraham Van Helsing.
Traduit en français, Love Sucks signifie : l’amour ça craint… Précisions qu’en anglais, suck signifie également sucer. Par indulgence, on se passera de faire des commentaires sur l’embarrassant jeu de mot. À la place, on se demandera ce qui craint dans le fait d’être un vampire.
Dans le film de F.W. Murnau, le mort-vivant incarné par Max Schreck s’efforçait péniblement de faire perdurer un état de décrépitude que personne ne pouvait envier. Les vampires de Love Sucks, en ce qui les concerne, font plutôt envie, eux. Jeunes, beaux et séduisants, ils vivent dans un manoir joliment mis en images par une photo imitant le papier glacé qui flatte l’œil.
Cela n’empêche pas notre bon héros vampire, Ben, de traîner son spleen derrière lui sans que l’on comprenne vraiment pourquoi. On aurait aimé que les auteurs du show s’inspirent un peu du personnage de Louis d’Entretien avec un vampire (1994). Qu’ils tentent, a minima, d’expliquer ce mal qui le ronge, ses scrupules à tuer des innocents. Mais non. Pire, les mises à mort sont élégamment dépeintes à l’occasion de jolis ralentis clipesques donnant vraiment l’impression que le cynisme avancé par le titre du film sonne creux.
À l’origine du projet Love Sucks, on trouve Marc O. Seng qui a précédemment œuvré au scénario de la série Dark (2017-2020). Une série plus exigeante, à l’intrigue complexe. Love Sucks, en ce qui le concerne, s’avère bien plus simpliste, à la hauteur de Trois jours à vivre. À la tête de cette faiblarde tentative autrichienne sortie en 2006 pour concurrencer les slasher à l’américaine, on trouve d’ailleurs Lea Becker et Andreas Prochaska, responsables de la réalisation de Love Sucks.
Pur produit de consommation télévisuelle, Love Sucks remplit sa fonction première, emmagasiner du temps de cerveau humain disponible pour les annonceurs. Si vous avez du temps à perdre, mieux vaut peut-être le consacrer à revoir True Blood (2008) ou Buffy contre les vampires (1997).
|
Cher lecteur, nous avons besoin de votre retour. Au choix : |
|
Vous appréciez notre travail, c’est important pour nous motiver à continuer. Merci ! |
Arboretum – Donnie Darko dans le Thuringe




