Anatomie : Leçon académique

Anatomie : Leçon académique

Force est de constater qu’Anatomie a parfaitement assimilé les enseignements des films de série B hollywoodiens. À ce titre, c’est un excellent divertissement.

Les points forts du film de Stefan Ruzowitzky sont nombreux, à commencer par une intrigue qui se déroule sans accroc et sans temps morts. Une belle musique apporte aux séquences une réelle profondeur avec de belles envolées lyriques. Une photographie chatoyante transforme quant à elle les salles d’opération en pièces immenses totalement déshumanisées. L’interprétation excellente est assurée par des acteurs beaux et charismatiques. Enfin, le montage nerveux s’avère parfaitement efficace…

Tout est huilé à la perfection pour assurer un bon moment de détente au spectateur. Difficile, dès lors, de trouver le temps long.

Anatomie : Leçon académique

Quant à l’humour sexy assuré par une surprenante macho woman raillant les garçons et inversant les rôles, il fera assurément rire les adolescents, cibles du film.

Anatomie c’est, quoi qu’il en soit, d’abord un film avec un personnage féminin fort. L’apport de Franka Potente est effectivement indéniable. Son charisme est évident. Elle capte avec voracité l’attention et attire constamment le regard, dès qu’elle est à l’écran.

Réalisé deux années après Cours, Lola, cours, Anatomie fixe la jeune actrice allemande comme une valeur sûre du cinéma allemand. Au point qu’elle suscite l’intérêt de Hollywood et lui permet en 2002 d’être le faire-valoir de Matt Damon dans La Mémoire dans la peau.

En prenant un peu de recul, on ne peut que saluer le flair des producteurs allemands qui ont su miser sur l’actrice avec un film facilement exportable…

Anatomie : Leçon académique

C’est le moment de voir le verre à moitié vide…

Anatomie est effectivement un film facilement assimilable. C’est un thriller teinté d’horreur, mélange hautement populaire dans les années 90 (L’Expérience interdite en 1990, La Main sur le berceau et JF partagerait appartement en 1992, Hypnose en 1999…).

À l’instar de ses pairs, l’horreur dans Anatomie n’est pas trop marquée, probablement pour ne pas faire fuir le chaland.

Ainsi, les producteurs colorent le film à l’américaine… Les héros sont de jeunes étudiants talentueux issus de la classe moyenne supérieure et la bande-son est truffée de Britpop aux paroles chantées en anglais.

Les clichés du cinéma de genre répondent tous présents : méchant immoral, copine délurée et boute-en-train, petit copain beau et ténébreux d’une classe sociale moins prestigieuse mais qui saura séduire la fille, humour noir déplacé et déshumanisant assuré par des professeurs méprisants et hautains, intrigue prévisible… L’ami d’enfance de l’héroïne, un rigolo obèse juste bon à lui fournir les informations trouvables nulle part ailleurs pour permettre à l’histoire d’avancer lorsque l’impasse se fait sentir ne manque pas à l’appel non plus…

Quoi qu’on en dise, le grand public s’est laissé prendre au jeu, au point qu’il y aura un Anatomie 2 en 2003.

Anatomie : Leçon académique

Heureusement, Anatomie mise aussi sur ses origines germaniques. Ainsi, le film est en allemand dans sa version originale. Par ailleurs, Anatomie bénéficie du cachet assuré par Heidelberg, ville connue pour sa prestigieuse université, l’une des plus anciennes d’Europe, dont l’école nationale supérieure attire les scientifiques du monde entier.

Malheureusement, les extérieurs mettant en scène le centre-ville pittoresque avec son château en magnifique sont bien rares. Les auteurs préfèrent situer les prises de vue dans les locaux de l’école de médecine. On perd toute la spécificité d’une vieille ville allemande aux bâtiments issus du Moyen-Âge, mais on gagne un aspect clinique, malgré tout intéressant avec ces grands couloirs vides et froids, ainsi que ces salles d’opération qui font froid dans le dos, tout comme le scénario du film…

Anatomie : Leçon académique

Paula, jeune fille studieuse et passionnée, réussit le concours lui permettant d’intégrer la prestigieuse université de Heidelberg. Elle espère devenir une grande scientifique, comme son grand-père, à l’inverse de son paternel, simple médecin de campagne. Hélas, dans la ville du Bade-Wurtemberg, Paula découvre qu’une société secrète a élu domicile au sein de l’université… Les anti-hypocrates, dont faisait partie son ascendant, font passer la recherche avant l’éthique…

Ici, Anatomie puise également dans le passé de l’Allemagne en faisant un petit détour par sa période national-socialiste, car la loge secrète des AAA est en effet composée d’anciens nazis. Il est dommage que ce point soit si peu exploité par le réalisateur. L’appartenance du grand-père de Paula au parti nazi aurait assurément pu apporter une réflexion intéressante sur la difficulté des jeunes Allemands à assumer un héritage si lourd… Dommage.


Bande annonce


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En 2016, Stefan Ruzowitzky revient au thriller avec Cold Hell, également avec un personnage féminin fort : Stefan Ruzowitzky… Notre critique :

Andreas

D'origine allemande et passionné de cinéma de genre, je vous propose de découvrir différentes facettes méconnues du cinéma allemand.

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