Archives par auteur: Andreas

D'origine allemande et passionné de cinéma de genre, je vous propose de découvrir différentes facettes méconnues du cinéma allemand.

Les aliens débarquent sur Terre dans UFO – ES ist hier

Pour compléter le travail de l’association Sin’Art qui se propose de faire découvrir le cinéma indépendant allemand à travers la collection Filmriss, Thrillerallee propose des articles consacrés à des films amateurs. Ainsi, ce mois-ci, nous vous proposons de découvrir UFO – Es ist hier…

UFO – ES ist hier (littéralement OVNI, il est ici), est le second found footage de Daniele Grieco… Alors que le réalisateur allemand s’intéressait aux fantômes dans DIE PRÄZENS, ce sont les aliens qui sont cette fois-ci à l’honneur de son nouveau film.

Pour être plus précis, la forme des œufs et les carnages laissés derrière elles par les créatures, laissent même croire que l’on a ici affaire à ce tant attendu Alien montrant l’invasion terrestre par des créatures gigeresques…

Des étudiants en cinéma sont en train de tourner un documentaire dans un zoo lorsque, soudainement, les animaux adoptent un comportement bizarre. Craintifs, ils se cachent. Certains regardent le ciel incitant les adolescents à lever les yeux, ce qui leur permet de découvrir la raison de leur attitude, à savoir le survol du zoo par un météore. La bande décide de laisser tomber son projet de documentaire sur les animaux en cage pour se rendre sur les lieux du crash. Le site de l’impact n’est pas facile à localiser mais, finalement, ils découvrent un nuage de fumée noire et des objets métalliques éparpillés sur le sol. Mais la nuit tombe plus tôt que prévu. Craignant d’être devancée par les autorités locales, la clique décide de dormir sur place. Ce sera la première erreur des ados car l’un des leurs disparaît la nuit même…

Comme tout found footage qui se respecte, UFO propose un éclairage absent, une image tremblante, beaucoup de cris et une action qui se déroule hors cadre. En sublimant ces ingrédients, il est possible d’aboutir à des films excellents comme Cannibal Holocaust, Le Projet Blair Witch ou même Cloverfield.

D’autant plus que UFO s’avère plutôt capable et ambitieux en termes d’effets spéciaux. D’ailleurs, grâce aux effets numériques, même une production amateure peut multiplier les OVNI dans le ciel ou montrer une épaisse fumée noire s’élever. Les œufs des extraterrestres, tout comme les carnages sanglants sont, quant à eux, fabriqués de manière artisanale.

Les différents lieux de tournage démontrent également les prétentions des auteurs. Le film ne se contente pas de se dérouler dans une forêt puisqu’après la visite d’un zoo, nous nous enfonçons aussi dans une grotte et élisons domicile dans une ferme.

Dans ce contexte, le spectateur peut s’avérer plus disposé à excuser certains éléments inhérents au genre et propice à la moquerie comme les téléphones portables qui décident de ne plus fonctionner lorsqu’on a le plus besoin d’eux ou les personnages qui prennent des décisions parfois improbables (d’autant plus que l’interprétation est convaincante).

L’élément le plus ennuyeux de UFO est finalement l’intrigue qui s’avère quelque peu redondante puisqu’elle se contente d’être rythmée par la disparitions des jeunes les uns après les autres, à la queue leu leu. Finalement, les changements de localité, tout comme les effets spéciaux ne permettent pas de briser la monotonie car les péripéties sont prévisibles.

En dehors de cet élément, on pourra aussi regretter que Daniele Grieco n’ait pas exploité la présence d’acteurs convaincants afin d’approfondir les personnages, plutôt que de proposer des héros stéréotypés.

Quoi qu’il en soit, Daniele Grieco parvient malgré tout à susciter l’intérêt grâce à l’horreur organique générée par les effets gores et les différents lieux choisis qui offrent au film quelques moments forts. Par ailleurs, dans la grotte, la réalisation de Daniele Grieco évoque habilement la claustrophobie et la ferme abandonnée offre un beau climax à UFO – Es ist hier.

UFO – Es ist hier a bénéficié d’une petite sortie cinéma en Allemagne pour Halloween 2016 avant de sortir simultanément en Blu-ray, DVD et VoD. Le film dispose de sous-titres anglais en DVD et en VOD.

UFO: ES ist hier Allemagne – 2016 Réalisation : Daniele Grieco Interprètes : Laura Berlin, Olga von Luckwald, Dennis Mojen

Schimanski dévoile toutes ses facettes dans Zabou

Zabou est le second Tatort consacré à l’inspecteur Schimanski à bénéficier d’une sortie en salle. À cette occasion, nous découvrons que ce héros insolant, musclé et portant un T-shirt trop serré, est aussi un macho au grand cœur. Incarné par Götz George, Schmanski est déjà, en 1987, une icône ayant donné ses marques de noblesse à l’une des séries les plus populaire Outre Rhin…

Schimanski est un phénomène, pour s’en convaincre, voici un petit résumé de ce qui attend le personnage tout au long du film…

Zabou a été réalisé par Hajo Gies, l’un des fondateurs de la série Tatort et déjà responable de Zahn um Zahn, première incursion cinématographique de Schimanski.

Schimanski retrouve la fille d’une de ses anciennes conquêtes au Sunflash, une discothèque à la mauvaise réputation. Désormais fort séduisante, elle est escort-girl et cache au tombeur de sa mère qu’elle le déteste puisqu’il les a abandonné toutes les deux alors qu’elle n’était qu’une enfant. Ainsi, elle participe à piéger Schimanski qui, après avoir été saoulé de force, est déposé derrière le volant d’une voiture roulant à pleine vitesse dans les rues nocturnes de Duisburg. Notre héros survit à l’accident mais il est désormais accusé de meurtre. Pour s’échapper, il fait des avances à un coéquipier homosexuel chargé de monter la garde devant sa chambre d’hôpital. En fuite, il mène sa propre enquête pour démontrer que le Sunflash est un repaire de trafiquant de drogues. Accessoirement, Schimanski souhaite aussi extirper Conny de ce milieu, ce qu’il parviendra à faire en séduisant la jeune femme, lui démontrant ainsi qu’il est bel et bien capable d’aimer d’amour… Entre temps, Schimanski aura défoncé quelques portes, participé à une course de bateaux à moteur sur la Ruhr, détruit des dizaines de poissons à la recherche de drogues dissimulées entre leurs arrêtes, vendu 30 pfennig son badge de policier à une petite fille de dix ans afin de passer un coup de fil dans une cabine… et bien sûr distribué quelques mandales pour rendre la justice, la vraie… Chaque scène est une histoire à elle seule et un petit bijou de mise en scène.

La carrière de Claudia Messner commence au théâtre avant de connaître la réussite au cinéma, notamment en 1985 avec Welcome in Vienna, un film se déroulant dans la Vienne de l’après-guerre et avec lequel elle acquiert une renommée internationale.

À ses côtés, les seconds rôles ont de la poigne. Thanner, son acolyte, est interprété par Eberhard Feik qui reste fidèle à un Schimanski que tout accuse. Malgré son physique proche de M. Tout le monde, il ne fait jamais pâle figure face à son partenaire emblématique et devient même son adversaire plus tard dans le métrage. Parmi les méchant, on retrouve Hannes Jaenicke qui affrontait déjà Götz George dans l’ascenseur de Out of Order. On l’aperçoit également dans la série américaine Highlander : The Raven, où il incarne le rôle de Bert Myers. Il ne figure que dans une seule scène, mais sa prestation est intense et les deux hommes que tout oppose (l’un est une brute, l’autre est une élégante vipère) doivent s’affronter. Quant à Claudia Messner, elle fait parfaitement illusion dans son rôle d’une grande richesse. Entraîneuse de son métier, elle nourrit une haine tenace vis-à-vis de Schimanski, grand amour de sa mère, qui les a pourtant abandonnées. Elle cède à son charme dans une scène étonnante quand on connaît l’historique des personnages et le nombre d’années qui les séparent. Conny connaîtra une fin tragique, mais ne brisera pas le cœur de Schimanski.

La chanson Now that you’re gone a été spécialement composée pour le film par Joe Cocker.

De nos jours, Schimanski serait détesté, paraissant tour à tour misogyne, autoritaire, arrogant, immoral, violent et homophobe. Les personnages qui tournent autour de Schimanski nourrissent cependant chacune de ses personnalités et adoucissent ses traits de caractères, suffisamment pour que le spectateur puisse juger ce héros d’une façon autre que binaire. Le personnage de Schimanski ne se résume décidément pas à ce brouhaha et il est injuste de juger quelqu’un en se contentant des apparences.

Quoi qu’il en soit, ce concentré de fusillades sanglantes et d’explosions de camions mettant en scène un héros sauvage, indomptable, indiscipliné, quintessence de la culture macho, s’était hissé, à son époque, à la troisième place du box-office.



Zabou Allemagne – 1987 – Réalisation : Hajo Gies – Interprètes : Götz George, Claudia Messner, Eberhard Feik, Wolfram Berger, Hannes Jaenicke, Annette Kreft…

Jeunes Amours dans une Allemagne renaissante et attachante

Au milieu des années 50, en Allemagne, on ne voulait plus entendre parler de politique et surtout, on souhaitait oublier les atrocités de la guerre ; ce qu’on attendait du cinéma, c’était donc du dépaysement avant tout. C’est dans ce contexte que naissent les films de terroir. Sur fond de paysages ruraux, les thématiques abordées par ce genre qui persistera jusqu’à la fin des années 70 sont l’amitié, l’amour et la famille.

Une nature bucolique dans un contexte paradisiaque

L’objectif étant de dépeindre un monde rassurant dans un environnement familier, l’action du film Jeunes Amours se déroule dans la Suisse holsteinoise, l’une des régions les plus touristiques au nord de l’Allemagne. La province tire son charme de la diversité de son environnement composé de collines, de forêts et de lacs pittoresques.

À l’écran, cela se traduit par des paysages et donc des images de toute beauté. Les champs de colza en fleurs sont d’un jaune canari, faisant écho aux roues du carrosse tiré par les poneys. Visuellement, Jeunes Amours est un réel régal pour les yeux. Le ton du film, quant à lui, est enjoué et dynamique. Ainsi, les séquences s’enchaînent en cascade et la désinvolture des adolescents imprègne le film de gaieté. À cette époque, l’impertinence et le détachement de la jeunesse sont les bienvenus… après la guerre, il fallait passer à autre chose.

Malgré le contexte idyllique, des sous-entendus à la réalité à peine voilés

Ainsi, les tensions entre générations sont inexistantes. La grand-mère tient à bout de bras ses trois petites-filles avec une rigueur toute prussienne et encore plus d’amour, pendant que le vétérinaire Pudlich assiste la famille avec de nombreux conseils comme lorsqu’il sermonne le jeune Ethelbert, mis au ban par ses camarades à cause de son arrogance. Ainsi, l’homme d’âge mûr qui a connu la guerre dit au jeune homme : « Moi aussi il m’est arrivé quelque chose de semblable. J’étais tout petit, et là aussi j’ai pensé que rien n’avait de sens. Dès lors, il n’y a que deux solutions. Soit on est stupide et on abandonne, soit on se bat. Ce n’est pas facile, mais toi aussi, mon garçon, tu vas te battre. » Dans la scène suivante, Ethelbert retrouve la jeune Dick qui, les pieds dans l’eau, tente de déblayer une petite rivière avec une pelle. Elle rejette son aide mais Ethelbert s’emporte et se précipite dans la rivière dont il déblaie à mains nues la boue en hurlant : « Lorsque quelqu’un a fait quelque chose de mal, qu’il reconnaît que c’était mal, pourquoi le punir, pourquoi ne pas le laisser participer ? Je ne veux plus être seul, je veux aider, je ne crains pas de me salir, je ne veux plus être seul ! »

L’amour l’emporte toujours à la fin

Les filles de l’Immenhof (en allemand : die Mädels vom Immenhof) sont Barbara, 16 ans, que tout le monde appelle Dick et sa sœur Brigitte, alias Dalli, 12 ans. Leur aînée Angela aide la propriétaire, grand-mère Jantzen, à gérer le haras de poneys. Mais l’élevage ne rapporte presque plus rien et l’Immenhof a de gros problèmes financiers. Même la location de la maison forestière de Dodau, toute proche, où le charmant Jochen von Roth tient une école d’équitation, ne permet plus de payer les traites.

L’action se déroule au début des vacances d’été alors qu’un parent éloigné arrive de la ville. Ethelbert est un jeune citadin malingre fin connaisseur de la mode et qui fait preuve d’arrogance vis-à-vis de ses hôtes. Au final, l’amour rapprochera Angela et Jochen, sauvera le haras de poneys de la faillite pendant que Ethelbert passera peu à peu du statut d’insupportable crâneur à celui de véritable garçon des champs, séduisant par la même occasion la tendre Dick.

Le film a accouché de quatre séquelles sorties entre 1956 et 1974. Au fil des décennies, en restant fidèle à sa candeur, la série a joui d’une popularité inébranlable. Au final, Jeunes Amours est un film exemplaire, symbole du miracle économique allemand d’après-guerre, peignant une image attachante de la RFA, une dizaine d’années après la fin de la guerre.



Avec sa chevelure blonde, Heidi Brühl est le rayon de soleil de Jeunes Amours… Mais pas seulement puisqu’elle en est également la touche coquine lorsque le réalisateur filme de profil l’adolescente d’à peine 13 ans afin de laisser entrevoir le galbe d’un sein sous la manche de son chemisier (les affiches du film parfois censurées car jugées trop osées démontrent que ce n’était pas un triste hasard). L’actrice figurera dans les cinq films de la série, avant d’asseoir sa popularité dans le domaine de la chanson. Elle connaît même une courte carrière internationale en tournant sous la direction de Clint Eastwood dans La Sanction en 1975 et en donnant la réplique à Peter Falk dans un épisode de Columbo.

Die Mädels vom Immenhof – Allemagne – 1955 – Réalisation : Wolfgang Schleif – Interprètes : Angelika Meissner, Heidi Brühl, Christiane König, Margarete Haagen, Paul Henckels, Paul Klinger, Josef Sieber…

Felidae, un film avec des animaux, pas pour les enfants

Felidae n’a rien d’un film pour enfants. Il affiche d’ailleurs plus de points communs avec Fritz the Cat, classé X à sa sortie en France en 1972, qu’avec Les Aristochats. Cependant, contrairement au film de Ralph Bakshi qui choque pour faire rire, Felida, quant à lui, est un véritable thriller policier dans la lignée d’un Seven. La comparaison avec le film de David Fincher n’est pas si farfelue que ça puisque l’atmosphère y est effectivement particulièrement sombre et désespérée (il pleut constamment). D’ailleurs, Felidae est réputé pour être l’un des animés les plus violents jamais réalisés…

Francis est le chat de Gustav. Chaque fois que le syndrome de la page blanche menace son écrivain de maître, ils emménagent dans une nouvelle demeure afin qu’il puisse retrouver l’inspiration. Mais, cette fois-ci, le nouveau home sweet home n’est pas du goût du félin Francis… Jugez-en par vous-même : la maison est un dépotoir, elle pue les produits chimiques et, cerise sur le gâteau, un cadavre de chat mutilé git dans le jardin… Francis apprend de Blaubart, un vieux matou qui vit dans la maison voisine, qu’il s’agit du cinquième meurtre perpétré dans le quartier. Ensemble, ils décident de mener l’enquête, décision qui qui va les amener à faire d’autres découvertes macabres, comme le fait que les chats auraient été assassinés par un individu de leur espèce, membre d’un culte vénérant un mystérieux chat nommé Claudandus.

Le réalisateur Michael Schaack s’est fait un nom en Allemagne avec des films animés pour adultes à l’humour pipi-caca (Werner – Beinhart, Das kleine Arschloch…). Il livre ici une adaptation efficace du roman Félidés (1989) d’Akif Pirinçci qui avait connu un grand succès, et pas seulement public, au point que de nombreuses suites parurent.
Schaack choisit d’abandonner de nombreuses pistes de réflexions proposées par l’auteur permettant au métrage d’aller à l’essentiel et de privilégier l’aspect sombre de l’enquête. D’ailleurs, le style adopté pour le dessin restitue magnifiquement l’ambiance du roman avec des couleurs froides et un design minimaliste des personnages qui rappelle le film noir.

L’animation, quant à elle, est particulièrement soignée et certaines scènes représentant les cauchemars de Francis évoquent les séquences délirantes du Pink Floyd the Wall d’Alan Parker. Dans ces moment-là, seul le genre musical sépare les deux films puisque celui de Michael Schaack emploie la 2e symphonie de Gustav Mahler, Résurrection, une œuvre populaire et grandiose, déterminante pour l’ambiance des scènes.

On passera sur quelques choix surprenants comme le fait que Francis sache lire ou qu’un autre personnage félin soit capable de se servir d’un ordinateur. En revanche, on notera d’autres points apportant une certaine singularité au film. Par exemple, les humains sont appelés des « ouvre-boites » (car ils ouvrent la nourriture de chats en boîte de conserve). De même on ne les voit jamais en grandeur nature puisque le film se déroule selon le point des chats. Par ailleurs, le film bénéficie d’un excellent doublage dans sa version allemande qui bénéficie de la présence de Mario Adorf (Le tambour – 1979) prêtant sa voix à Blaubart.

Lorsque l’on pense animation, l’Allemagne n’est pas un pays qui nous vient automatiquement en tête mais Felidae a tout de même bénéficié d’un budget important s’élevant à 15 millions de DM, qui a permis l’embauche et l’appui de 300 artistes. La qualité principale du film reste cependant histoire captivante.

Malheureusement, le film n’attire pas les foules en salles. À l’inverse du roman, aucune suite ne sera mise en chantier.

Allemagne – 1994 – Réalisation : Michael Schaack – Interprètes de la version allemande : Ulrich Tukur, Mario Adorf, Helge Schneider…

The Captain – l’Usurpateur – pas tout public

Après Red (2010) et Divergente 2 : L’Insurrection (2015), Robert Schwentke est avec The Captain – l’Usurpateur à des années lumières de son cinéma habituel, grand public. Il s’est également entouré d’une équipe talentueuse. Ainsi, la photographie en noir et blanc brillamment assurée par Florian Ballhaus est soutenue par la belle partition musicale de Martin Todsharow pendant que le casting s’avère excellent avec, en tête d’affiche, Max Hubacher qui incarne un Willi Herold glacial et sans scrupules. À ses côtés, Milan Peschel tente d’apporter un brin d’humanité dans le rôle du soldat Freytag tandis que Frederick Lau (Victoria) fait quant à lui monter la pression avec le personnage du soldat Kipinski…

Allemagne, 1945, la Seconde Guerre mondiale touche à sa fin. Comme tant d’autres, le caporal Willi Herold a fui pour échapper à une mort inutile. Mais il se fait attraper et comme la vie d’un déserteur ne vaut pas tripette, c’est au cours d’une chasse à l’homme dont il est le gibier que nous faisons sa rencontre. Par chance, Herold parvient à s’échapper une nouvelle fois. Dans sa cavale, il trouve un uniforme de capitaine de la Luftwaffe. Il l’enfile et devient un autre homme. Croyant avoir affaire à un véritable capitaine, des soldats se joignent à son périple, dont Freytag et Kipinski. Désormais, Herold bénéficie d’un certain confort, mais aussi du droit de vie et de mort…

Au début, Herold est appelé « Petit Cochon » par ceux qui le tourmentent. C’est une victime. Lorsqu’il enfile le costume de capitaine, ses premières décisions sont plutôt amusantes. Les choses deviennent plus sérieuses lorsqu’il doit punir par la mort un pilleur. À ce moment-là, le spectateur qui s’est attaché et identifié à Herold et son visage poupin peut encore excuser son geste en se disant qu’il ne pouvait pas faire autrement sans risquer de dévoiler sa couverture. Mais les événements deviennent bien plus dramatiques et inexcusables lorsqu’ils prennent place dans le camp de travail. Le spectateur qui s’est identifié à Herold grâce à son visage d’ange et le traitement injuste dont il a été la victime au début du film se retrouve pris au piège : durant plus de la moitié du film il s’est identifié à un monstre.

La réussite de Robert Schwentke est d’être parvenu à cumuler les rebondissements de façon convaincante. En conséquence, la transition de victime en bourreau de Herold est réaliste. Tout comme ses mensonges qui s’amplifient au même rythme que la violence. Lorsqu’elle prend une tournure effroyable, Schwentke prend le parti d’annoncer au public que l’histoire qui se déroule sous ses yeux est finalement tirée de faits réels. Les événements deviennent alors de plus en plus obscènes, absurdes et grotesques. Ainsi, après avoir pris son public par la main, le réalisateur lui fait mal, le déshonore, le blesse. Cette succession d’émotions contradictoires n’est peut-être pas surprenante puisque la guerre est une expérience où la raison disparaît.

Robert Schwentke ne s’intéresse pas seulement aux hommes qui appliquent la violence mais aussi à ceux qui doivent la subir. Lorsque Herold explique à deux prisonniers qu’il a invité à sa table qu’ils sont responsables de la violence qu’ils subissent où lorsque la troupe de Herold s’adonne à un contrôle d’identité dans une ville allemande du XXIème siècle durant l’étrange générique de fin, faire profil bas semble être la meilleure attitude à adopter.

L’histoire du soldat Herold, c’est celle de quelqu’un qui, en 1945 est devenu par hasard un criminel de guerre. Et tout le monde peut finir criminel de guerre, s’il n’y prend garde. En effet, une fois affranchies de toutes sanctions, certaines personnes sont capables du pire ; porter un uniforme change les gens, tout comme l’attitude des autres qui savent qu’il est préférable d’obéir à ceux qui en sont dotés.

Der Hauptmann

Allemagne, France, Portugal, Pologne – 2017

Réalisation : Robert Schwentke

Interprètes : Max Hubacher, Milan Peschel, Frederick Lau, Bernd Hölscher, Waldemar Kobus, Alexander Fehling, Samuel Finzi…

Bande annonce (VOSTF) :

Der Unheimliche Mönch, un film entre deux époques

Der Unheimliche Mönch est le 24ème film de la série des Edgar Wallace et fait date pour plusieurs raisons. C’est, par exemple, le dernier film tourné en noir et blanc et l’apport final de Harald Reinl au genre, lui qui en a signé les meilleurs œuvres. L’influence du film sur les prochains Edgar Wallace qui s’inspireront de son scénario est également manifeste. Parmi les autres surprises, il convient d’évoquer le personnage joué par Eddi Arent, figure bien connue des fans du genre qui ne joue pas cette fois-ci les bout en train ; le sort qui est réservé à son personnage s’avère même particulièrement inattendu…

Le château de Blackwood abrite un pensionnat de jeunes filles. Depuis quelques temps, un moine sinistre assassine à coups de fouets aussi bien les jeunes femmes que les hommes d’âge moyen. Pendant ce temps, l’héritage de la millionnaire Gwendolin (Karin Dor) est convoitée par des membres éloignés de sa famille…

Parmi les pensionnaires de l’internat, l’actrice Uschi Glas hérite ici de son premier rôle. Elle devient ensuite l’une des actrices allemandes les plus connues outre-rhin en continuant de participer à des Krimis (Der Mönch mit der Peitsche) et en jouant aux côté de Pierre Brice dans un Winnetou (Le Jour le plus long de Kansas City).

Mais surtout, nous avons droit à la présence de la douce Karin Dor, magnifique scream girl avant l’heure, héroïne emblématique des Edgar Wallace. On ne peut que regretter que son rôle soit si peu épais puisque comme, à l’habitude, elle ne fait pas grand-chose à part attendre d’être secourue pour le héros.

Der Unheimliche Mönch flatte les yeux avec son bois embrumé, son sinistre château, son meurtrier à capuche et ses jeunes filles en sous-vêtements. Il lui manque cependant une certaine personnalité et l’on ne peut s’empêcher d’avoir une impression de déjà-vu au fur et à mesure que se déroule le film. Ainsi, le moine du titre semble tout droit sorti du crapaud masqué de Franz Josef Gottlieb, la traite des femmes était déjà au cœur du scénario du Défi du Maltais, et les querelles entre héritiers sont courants depuis L’Enigme du serpent noir (tous ces films datent de 1963).

Harald Reinl livre ainsi un film de transition entre deux époques, lui qui a aidé à créer le genre. Avec son épouse Karin Dor (qui a également œuvré 5 fois dans les Krimis), il nous gratifie d’une œuvre menée tambour battant comme c’est l’habitude dans le genre. Les moments calmes qui permettraient de créer une tension autour du mystérieux moine n’existent pas, certes. Mais, à la place, la mise en scène déroule le tapis rouge au rythme, à l’humour et à l’action, tout comme aux gadgets surprise, à l’instar de ce pistolet à eau capable de trisser de l’acide sulfurique.

Der Unheimliche Mönch Allemagne – 1965 Réalisation : Harald Reinl Interprètes : Karin Dor, Harald Leipnitz, Siegfried Lowitz, Siegfried Schürenberg, Ilse Steppat

Bande annonce en allemand :

Out of order, huis-clos oppressant et jeu du chat et de la souris haletant

Qui n’a jamais craint de se retrouver enfermé dans un ascenseur ? C’est une expérience que l’on n’a pas envie de connaître, pour rien au monde. L’espace confiné, l’issue incertaine, la proximité avec des gens qu’on ne connaît pas… Tout concorde à faire de cette expérience un moment particulièrement désagréable. Out of order s’appuie sur cette lapalissade pour s’assurer l’adhésion du public qui, immédiatement, se sent concerné par le cadre du film…

Vendredi soir. Les bureaux sont vides, les couloirs déserts. Alors que la plupart des employés sont partis, c’est le début du cauchemar pour quatre retardataires qui se retrouvent dans un ascenseur bloqué à 100 mètres au-dessus du sol…

Out of order excelle à retranscrire la sensation de claustrophobie engendrée par le confinement dans une cabine d’ascenseur. Et comme la quasi intégralité du film se déroule entre les quatre murs de l’habitacle, l’intensité des événements ainsi que la pression subie par les protagonistes sont particulièrement prégnantes.

La tension est palpable dès les premières minutes entre les personnages de Jörg et Pit. Le premier est incarné par Götz George. C’est un homme dans la force de l’âge. Sa réussite sociale n’est pas contestable. C’est un self-made man. Il ressemble au personnage de Schimanski qui a fait le succès de Götz George dans la série Tatort ; il peut s’avérer fragile, mais il est aussi et surtout autoritaire et dominateur. Pit (Hannes Jaennicke) va cependant exploiter la fragilité de son voisin d’en face… Pit est un jeune blanc-bec qui, dans l’ombre, met en question l’autorité et la réussite de Jörg pour le déstabiliser et provoquer sa chute. Ses sarcasmes provoquent de nombreux accrochages allant crescendo jusqu’au climax. Le combat de coqs que se livrent alors Jörg et Pit est aussi passionnant que réaliste. On peut aussi voir dans cet exposé une thématique toujours actuelle.

Les deux autres personnages, quant à eux, ne sont pas que des observateurs. Ainsi, Renee Soutendijk qui interprète Marion, ne se contente pas d’être un accessoire aguicheur pour les deux mâles en manque de domination. Même Gössmann (Wolfgang Kieling), comptable effacé, joue un rôle essentiel en aggravation magistralement la situation à un moment donné.

Au final, le scénario s’avère particulièrement malin. Il exploite rapidement et sans s’appesantir les stéréotypes du huis-clos pour très vite mettre à profit le background des personnages et leurs problèmes personnels afin de mettre en place des enchainements logiques faisant avancer l’histoire de manière parfaitement cohérentes.

À la fois huis-clos oppressant et jeu du chat et de la souris haletant, Out of order puise dans son histoire minimaliste, ainsi que dans son excellente interprétation, pour se placer dans le peloton de tête des films de genre allemands. Il est efficace, percutant, passionnant et interroge sur les conséquences que certaines caractéristiques comme la méfiance et la jalousie peuvent avoir sur un groupe social.

Abwärts - Allemagne - 1984
Réalisation : Carl Schenkel
Interprètes : Götz George, Wolfgang Kieling,
Renée Soutendijk, Hannes Jaenicke,
Klaus Wennemann…

Bande annonce en allemand :

Jonathan sur les traces de Nosferatu

Jonathan de Hans W. Geissendörfer est bien accueilli par les critiques à l’époque de sa sortie, ce qui s’explique aisément par son appartenance au cinéma d’auteur. En effet, Jonathan n’est pas un film de genre ; il s’agit plutôt d’une parabole politique dans laquelle les suceurs de sang exploiteurs symbolisent les oppresseurs décadents.

Un jeune homme se rend au château de Dracula pour préparer l’assaut final qui doit mettre fin au règne du monstre sanguinaire. Sa destination l’amène à traverser une région misérable où la population rurale est exploitée et réduite à l’état de « réserve de nourriture » par une poignée de vampires. Jonathan, jeune étudiant, incarne pour sa part, une jeunesse rebelle qui ne veut plus se soumettre et qui demande justice.

L’œuvre a été tournée en 1969, à l’époque où toute une génération contestait le système des années 60 et réclamait des comptes à leurs parents : « Que faisiez-vous de 33 à 45 ? » Cette situation se traduisit par une scission de la population car les anciens voyaient d’un mauvais œil ces énergumènes, « clochards » et autres « hippies », leur donner des leçons.
En se contentant d’adapter du roman de Bram Stoker le voyage qui mène Jonathan Harker au château du conte, le film met en image le contexte politique de l’Allemagne à l’époque. Ainsi, faire appel à l’aristocratique Dracula suçant sans vergogne le fluide vital des paysans besognant autour de son château est parfaitement pertinent.

Des séquences peuvent paraître obscures si l’on ne connaît pas le contexte politique. Ainsi, la scène durant laquelle un couple de jeunes font l’amour devant des personnes âgées peut laisser sceptique si l’on ne pressent pas que l’auteur montre du doigt que les opprimés exploitent eux-mêmes une autre catégorie d’individus. Ainsi, le film est toujours tristement actuel et peut parfaitement être introduit à notre époque où l’on continue inlassablement d’exploiter les hommes, les animaux et la nature. On regrette seulement que la moralité du réalisateur s’arrête aux êtres humains puisqu’un animal est brutalement, gratuitement et sadiquement mis à mort par l’un des protagonistes ; défendre les opprimés en violant la défense d’autres opprimés est franchement stupide.

Jonathan propose également de magnifiques images. Ainsi, après un magnifique plan séquence qui plonge immédiatement le spectateur dans le contexte en début de métrage, le directeur de la photographie Robert Müller suit les longues chevauchées de Jonathan à travers une campagne désolée et peint des tableaux esthétiques et funestes où s’entassent les cadavres dans des villages sordides et une campagne non moins désespérée. Quelques séquences gore grand-guignolesques accentuent ce climat obscure.

En Allemagne, le film Jonathan est surtout connu parce qu’il s’agit du premier film de Hans W. Geissendörfer qui, en 1985, produit la série grand public Lindenstraße, aujourd’hui encore diffusée Outre-Rhin. Mais à l’époque, Jonathan s’inscrit parfaitement dans l’écrin du cinéma d’auteur de la fin des années 60 et du début des années 70. Comme les tableaux dépeints fascinent visuellement, intriguent et interpellent sociologiquement, il en résulte un film qui n’a pas vieilli, d’autant plus que son message est tout aussi pertinent hier qu’aujourd’hui. Dès lors, on peut estimer qu’il fait parfaitement honneur au classique Nosferatu de Murnau.

Jonathan Allemagne – 1970 Réalisation : Hans W. Geissendörfer Interprètes : Jürgen Jung, Hans-Dieter Jendreyko, Paul Albert Krumm, Hertha von Walther, Oskar von Schab, Ilona Grübel, Sofie Strehlow, Gaby Herbst…

L’Étoile du silence, divertir sans abrutir

Le premier film de science-fiction allemand est doté d’un budget conséquent pour l’époque et bénéficie de beaucoup d’attention et de soin lors de sa conception avec, en particulier, des effets spéciaux impressionnants.

Mais si L’Étoile du silence rencontre lors de sa sortie un succès important, ce n’est pas seulement grâce aux trucages créant l’atmosphère sinistre et surréaliste de Vénus…

Stanislas Lem est un écrivain polonais de science-fiction et d’essais sur la philosophie. Ses récits de science-fiction s’inspirent de sa passion pour la philosophie. Ainsi, il spécule sur la technologie, la nature de l’intelligence, l’éventuelle impossibilité de communiquer avec une intelligence extraterrestre et de la comprendre, le désespoir des limites humaines et la place de l’humanité dans l’univers. Le succès de ses livres est tel qu’il est peut-être l’écrivain de SF le plus lu au monde. Plusieurs films sont d’ailleurs tirés de son oeuvre. Outre l’Étoile du silence, le premier d’entre eux en 1960, Ikarie XB 1 du tchèque Jindrich Polák et Solaris d’Andreï Tarkovski sont probablement les plus remarquables.

Un étrange artefact composé de matériaux inconnus sur Terre est découvert dans le désert de Gobi. Des tests révèlent qu’il s’agit d’un appareil de communication qui ne peut venir que de Vénus. Une équipe composée de personnes de nationalités différentes (russe, américaine, nippone, allemande…) s’envole pour Vénus à bord du Cosmokrator 1. Après avoir traversé une pluie de météorites et perdu contact avec la Terre, l’équipage décode le message vénusien et découvre qu’il contient une déclaration de guerre : Vénus annonçait l’invasion de la Terre. Abasourdi, l’équipage décide malgré tout de poursuivre le périple…

Le film est une adaptation du roman Feu Vénus, écrit pour la jeunesse par le polonais Stanislas Lem et publié en 1951. Naïf et très optimiste, le livre imaginait des années 2000 idéalisées. Le film est tout aussi crédule en représentant diverses et multiples nationalités œuvrant ensemble dans le vaisseau spatial ; personne n’est oublié. Les américains, plus cyniques, ont remonté le film lors de son exploitation sur leur territoire sous le titre First Spaceship on Venus et seules les nationalités françaises et américaines furent conservées. Le film critique également ouvertement l’énergie nucléaire ; la bombe atomique étant considérée comme le niveau zéro de l’inventivité humaine. Ces réflexions ont naturellement été supprimées de la version américaine.

L’un des premiers effets spéciaux proposé par le film montre de petites araignées métalliques sauter grâce à des câbles très visibles. Cette séquence qui laisse présager un film particulièrement kitsch s’avère finalement trompeuse. Au contraire, L’Étoile Silencieuse s’avère brillante visuellement et tient la dragée haute à ses homologues américains tels que Planète Interdite ou Le jour où la Terre s’est arrêta. Rien à voir ici avec les paysages en carton-pâte de Star Trek. Ainsi, les décors psychédéliques et l’aspect de la surface de Vénus sont très originaux. La séquence où trois membres de l’équipage grimpent dans une tour pour échapper à une gelée noire évoquant le Blob est également impressionnante.

Plus qu’un film de propagande socialiste, L’Étoile du Silence tente de délivrer un message de paix, imaginant une coopération mondiale qui permettrait d’explorer l’univers.

Der Schweigende Stern RDA – 1960 Réalisation : Kurt Maetzig Interprètes : Yoko Tani, Oldrich Lukeš, Ignacy Machowski, Julius Ongewe, Michail N. Postnikow, Kurt Rackelmann, Günther Simon, Tang Hua-Ta, Lucyna Winnicka, Omani Mensah, Barbara Leonhard, Ruth-Maria Kubitschek…

Bande annonce en anglais :

Manuel de prévention pour ceux qui, comme Klaus, veulent s’aventurer aux commandes d’un chariot élévateur

Tout juste détenteur de son permis de conduire pour chariots élévateurs, Klaus se présente à sa première journée de travail…

Ainsi nous est présenté Klaus qui vient tout juste de décrocher son permis de conduire pour chariots élévateurs et qui se présente à sa première journée de travail.

Son inexpérience et son inattention et son incapacité à respecter les consignes de sécurité provoque de nombreux accidents…

Les aventures de Klaus aux commandes du chariot élévateur se déroule sous la forme d’une vidéo de prévention dont l’objet est d’alerter les salariés sur les causes capables de provoquer des accidents de travail lors de l’utilisation du chariot élévateur dans un entrepôt. Rassurez-vous, la vidéo n’est pas rébarbative puisqu’il s’agit d’une comédie, mais l’humour est noir, très noir. Rarement s’est-on autant amusé en assistant à des accidents du travail. Les mains sont tranchées, les corps coupés en deux…

Les blessures exagérées provoquées par les accidents de Klaus agrémentées de la capacité offerte au spectateur de voir venir à des kilomètres les catastrophes (les consignes de sécurité sont en effet plutôt simples à suivre) ainsi que le rire de répétition (l’ambulance qui vient toutes les deux minutes chercher les accidentés) provoque un rire franc, même s’il est jaune.

Autre élément comique, le décalage entre la voix-off et les horreurs qui se passent à l’écran. Neutre, sans émotion, elle se contente de commenter les conséquences des risques pris par les salariés. Le narrateur est Egon Hoegen ; sa voie est connue Outre-Rhin car il prête déjà sa voix à une série éducative donnant des conseils dans le domaine de la circulation routière. Cet élément apporte une profondeur au film qui, avec son message paternaliste, presque moralisateur, fait porter la responsabilité aux ouvriers : s’ils se font mal, c’est parce qu’ils ne suivent pas les consignes. Cette vision malveillante des problèmes liés au travail est malheureusement en conformité avec la réalité actuelle du monde du travail.

Si Les aventures de Klaus aux commandes du chariot élévateur est une réussite c’est d’abord parce qu’il est drôle et efficace grâce à sa durée. Mais c’est aussi une réussite sur le plan de la prévention. Ce n’est probablement pas le but des auteurs, mais nul doute que certaines situations restent en mémoire et, même si l’on ne conduit pas de chariot élévateur, on n’a pas envie de terminer comme les collègues de Klaus. Dès lors, on comprend l’importance de suivre les consignes de sécurité.

Staplerfahrer Klaus – Der erste Arbeitstag – Allemagne – 2001Réalisation : Jörg Wagner et Stefan PrehnInterprètes : Konstantin Graudus, Douglas Welbat, Jürgen Kossel, Dieter Dost…